Le Célibat des prêtres.

 

« Deux des plus grandes autorités de l’Église catholique, Thomas d’Aquin et Bellarmin, déclarent que la défense faite aux prêtres de se marier n’est pas de droit divin, mais simplement humain. De l’aveu même de ces docteurs, le célibat obligatoire des prêtres n’a donc aucun fondement dans l’Évangile. Il suffit d’ailleurs d’ouvrir le saint volume pour voir la confirmation de ce fait.
Les apôtres, à l’exception peut-être de Paul et de Jean, étaient mariés. « Jésus étant venu ensuite dans la maison de Pierre vit sa belle-mère couchée ayant la fièvre » (Matth. 8 : 14). – « N’avons-nous pas le droit, dit saint Paul, de mener avec nous une sœur, notre femme, de même que les autres apôtres et les frères du Seigneur et Céphas [Pierre] » (1 Cor. 9 : 5). Un père de l’Église latine, St. Ambroise, évêque de Milan (340-397), dit même que tous les apôtres [difficile à définir cependant] excepté Jean et Paul, ont eu des femmes.
L’épître aux Hébreux (13 : 4) déclare solennellement : « Que le mariage soit honoré de tous [ou selon Darby « en honneur à tous égards »] ». Et saint Paul commande que les évêques et les diacres gouvernent bien leur famille et élèvent pieusement leurs enfants (1 Tim. 3 : 4, 5). Prophétisant ce qui devait se produire plus tard, le même apôtre s’écrie : « L’Esprit dit expressément, que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons … défendant de se marier », etc. – 1 Tim. 4 : 1-3.
D’ailleurs, à l’exemple des apôtres, les premiers pasteurs de l’Église primitive étaient mariés. Le célibat n’était que l’exception [pour ceux qui pouvaient comprendre les paroles de Jésus (Matth. 19 : 12) et se faire eunuques eux-mêmes pour le royaume des cieux].
Il est vrai que, de bonne heure, il se glissa dans l’Église une erreur fâcheuse. Dès la fin du 2 ème siècle, on commença à considérer le célibat comme plus agréable à Dieu et plus saint que le mariage. Dès lors, on le recommanda naturellement aux pasteurs comme une chose désirable, mais non obligatoire. C’est ce que reconnaît formellement le concile de Nicée en 325. En définitive, le célibat n’est devenu obligatoire qu’au 9 ème siècle, sous le pape Grégoire VII. À cette époque-là, et même au siècle suivant, on trouve encore bien des prêtres mariés, ayant même des enfants qui leur succédaient dans leurs charges. Dans l’Église d’Orient, le mariage des prêtres s’est continué jusqu’à aujourd’hui.
Le célibat forcé des prêtres est donc, dans toute la force du terme, un de ces commandements d’homme qui anéantissent les commandements de Dieu. Il est aussi contraire aux lois de la nature qu’à la loi divine. Il nous place aux antipodes mêmes de l’Évangile. Mais ce n’est pas impunément qu’on veut être plus sage que le Très-Haut. Aussi le pape Pie II est-il obligé de faire cet aveu : « Si, par de bonnes raisons, on a ôté le mariage aux prêtres, par de meilleures, il faudrait le leur rendre ». – Après cet aveu d’un pape, il n’y a rien à ajouter. D’ailleurs quand on voit tous les jours des prêtres traînés devant les tribunaux et condamnés pour immoralité, ne peut-on pas dire que les faits se chargent sans cesse de confirmer la sagesse d’une telle déclaration ? ».

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