L’ENFER FUTUR

 

Partie 9 de notre série sur Habakuk 2 : 2 : “Écris la vision et grave-la sur des tablettes, afin qu’on la lise couramment”.

Cet article traite de l’“enfer” de la dispensation à venir.

NOUS AVONS VU que les mots shéol et hadès, utilisés pour décrire le premier enfer, ne se rapportent pas à (1) un lieu de tourment, ni à (2) un lieu à deux compartiments, l’un de félicité pour les justes et l’autre de torture pour les méchants ; mais au lieu de cela, nous avons trouvé qu’ils se rapportent à (3) la condition inconsciente de la première mort — l’oubli — à laquelle tous ont été condamnés par suite du péché d’Adam, et hors de laquelle il est promis un rétablissement dans la résurrection. Ceci étant vrai, nous reconnaissons que lorsque tous les morts en Adam seront réveillés de la condition inconsciente de la mort, le premier enfer sera entièrement détruit (Apoc. 20 : 13, 14).

La déclaration du verset 14 : “la mort et le hadès furent jetés dans l’étang de feu” fait clairement référence à un autre, un second enfer, car comment l’enfer pourrait-il être jeté dans l’étang de feu s’il n’y avait qu’un seul enfer ? Ce second enfer est la Seconde-Mort (Apoc. 20 : 14 ; 21 : 8), occasionnée par le péché individuel, totalement volontaire. C’est la condition d’un anéantissement absolu, complet et éternel. Alors que Jésus, en payant le prix de la Rançon pour Adam et sa race, garantit à tous une résurrection hors du premier enfer (Osée 13 : 14 ; Jean 5 : 28, 29), il n’existe aucune disposition pour un retour de quiconque du second enfer, car Christ “ne meurt plus”, selon les Écritures (Rom. 6 : 9 ; Héb. 10 : 26). Ainsi donc, ceux qui pèchent complètement contre leur grâce n’ont aucun espoir de vie éternelle, vu que leur péché nécessiterait une nouvelle crucifixion du Fils de Dieu comme prix de leur rançon individuelle (Héb. 6 : 4-6). Leur destruction est une annihilation éternelle – le second enfer, hors duquel il n’y a pas de résurrection.

FIGURES DE RHÉTORIQUE DIVERSES

Le second enfer est mentionné dans les Écritures, de cinq manières différentes au moins : (1) étang de feu ; (2) géhenne ; (3) feu perpétuel ; (4) feu éternel ; et (5) shéol. Dans cet article, nous traiterons de la première, et examinerons quelques versets pertinents.

Puisque tous les emplois de l’expression “étang de feu” se trouvent dans un livre figuratif (Apoc. 19 : 20 ; 20 : 10, 14, 15 ; 21 : 8 ; dans trois de ces passages, le “soufre” est ajouté à “l’étang de feu”), nous la considérons comme une expression métaphorique.

Le fait que l’Apocalypse est un livre métapho-rique est indiqué en Apoc. 1 : 1 : “Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses esclaves les choses qui doivent arriver bientôt ; et il l’a signifiée, en l’envoyant par son ange, à son esclave Jean”. Le mot signifiée dans ce verset donne la pensée que ce livre fut en général révélé en signes et en symboles plutôt que de manière littérale.

Le livre d’Apocalypse décrit de cette façon la destruction finale du mal et des méchants incorrigibles — leur anéantissement éternel. Ceci est dépeint par l’action de les précipiter dans l’étang de feu, qui est la Seconde-Mort. L’addition du soufre intensifie le symbole, car les fumées du feu et du soufre étaient les agents destructeurs les plus mortels connus des anciens. La combinaison de ces symboles met l’accent sur la pensée d’annihilation éternelle.

Le Feu, un symbole biblique de destruction

De nombreux passages des Écritures, en dehors de l’Apocalypse, emploient le feu comme symbole de destruction. En Mal. 4 : 1, nous lisons : “Car voici, le jour vient, brûlant comme un four ; et tous les orgueilleux, et tous ceux qui pratiquent la méchanceté seront du chaume, et le jour qui vient les brûlera, dit l’Éternel des armées, de manière à ne leur laisser ni racine, ni branche”. Le jour mentionné ici est le grand jour de la colère de Jéhovah, dans lequel la destruction s’abattra sur l’ordre d’affaires actuel. Ceci est indiqué au sens figuré par l’expression “brûlant comme un four”. Les orgueilleux, les grands de ce monde, qui sont sous la domination de Satan, seront brûlés symboliquement, comme du chaume, de telle sorte que ni racine ni branche ne seront laissées pour un nouveau développement.

Jacques 3 : 6 : “Et la langue est un feu. La langue, un monde d’iniquité, est établie parmi nos membres ; c’est elle qui souille tout le corps, et enflamme tout le cours de la nature, et est enflammée par la géhenne”. Dans ce verset (en anglais), le mot enfer provient du grec gehenna. En langage symbolique, st. Jacques met l’accent sur l’influence pernicieuse d’une langue mauvaise — une langue enflammée (au sens figuré) par la géhenne, qui représente aussi le second enfer. La fonction de la langue est telle que, si elle n’est pas dirigée convenablement, elle souille la personne tout entière — son caractère, son travail, son honneur, son service, sa position et sa relation avec les autres. Elle blesse tous ceux avec lesquels elle entre en contact et, si on lui laisse libre cours, sans aucun contrôle, elle mènera tout le monde à la Seconde-Mort, lorsqu’ils seront à l’épreuve pour la vie.

SIX CHOSES JETÉES DANS L’ÉTANG DE FEU

Voici d’autres passages montrant que les Écritures emploient souvent le feu comme symbole de destruction : Lam. 4 : 11 ; Soph. 3 : 8, 9 ; Rom. 12 : 20. De plus, ceci est prouvé aussi par les enseignements des passages littéraux de la Bible concernant le sort de six choses qui sont mentionnées comme étant jetées dans l’étang de feu : le Diable, la Bête, le Faux Prophète, la mort, l’enfer et les pècheurs incorrigibles (totalement volontaires). Nous allons les examiner chacun séparément :

(1) Le Diable doit être jeté dans “l’étang de feu”, comme cela est indiqué dans la première partie d’Apoc. 20 : 10 : “Et le diable qui les avait égarés fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète”. Comparez ce passage avec un verset au sens littéral qui indique son sort final — Héb. 2 : 14 : “Puis donc que les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable”. Jésus fut fait homme afin de devenir le sacrifice en Rançon pour Adam et sa race. C’est ce sacrifice qui est le fondement pour rendre Satan impuissant, et qui conduira finalement à sa destruction.

(2) La Bête doit aussi être jetée dans “l’étang de feu” (Apoc. 19 : 20 ; 20 : 10). Le Christ véritable comprend Jésus, la Tête, et l’Église, qui est Son Corps. La Bête, symbole du grand Antichrist, se compose d’un Christ contrefait : la papauté comme tête, et la hiérarchie comme corps. Ceci est appelé “le mystère d’iniquité” (2 Thess. 2 : 7). Elle commença à œuvrer, dans ses premiers et faibles commencements et activités, dans l’ambition profane de certains conducteurs parmi les frères à l’époque des Apôtres. Les descriptions prophétiques de l’Antichrist se sont réalisées dans ce grand système, comme cela est montré dans les livres de Daniel et de l’Apocalypse, ainsi qu’en 2 Thess. 2 : 7-9. Dans ce passage littéral, son destin final est décrit (v. 8) : “Et alors sera révélé l’inique, que le Seigneur consumera par le souffle de sa bouche et qu’il anéantira par l’épiphanie de sa présence”. Le souffle de Sa bouche se rapporte ici à la Vérité.

(3) Le Faux Prophète doit être jeté pareillement dans “l’étang de feu” (Apoc. 19 : 20 ; 20 : 10). Le Faux Prophète se rapporte aussi à un grand système religieux — la Fédération Protestante. D’après une comparaison d’Apoc. 19 : 20 et 16 : 13 avec Apoc. 13 : 11-17, nous apprenons que Faux Prophète et l’image de la Bête sont identiques. Lorsque l’image commence à parler, elle énonce des faux enseignements, ce qui fait d’elle le Faux Prophète. Notez que la destruction de la Bête et du Faux Prophète ne se rapporte pas à celle des individus, mais à des systèmes religieux.

(4) La Mort doit être jetée dans “l’étang de feu” (Apoc. 20 : 13, 14). En 1 Cor. 15 : 26, nous lisons : “Le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort”. St. Paul fait ici référence au processus de mort adamique et à l’état de mort. Il dit aux versets 21-23 : “Car puisque la mort est venue par un homme, par un homme viendra aussi la résurrection des morts : car, comme tous dans l’Adam meurent, de même aussi tous en Christ seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : une prémice, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa présence”. Durant la présence de Christ dans l’Âge millénaire, tous ceux qui se réformeront, obtiendront le droit de vivre à jamais.

(5) Le premier Enfer doit aussi être jeté dans “l’étang de feu” (Apoc. 20 : 13, 14). En Osée 13 : 14, nous lisons : “Je les délivrerai de la main du shéol, je les ra-chèterai de la mort. O mort, je serai tes pestes. O shéol, je serai ta destruction. Le repentir est caché à mes yeux” [voir note D.]. Dans ce verset (en anglais), le mot tombe provient du terme hébreu shéol. Shéol se rencontre 65 fois dans l’Ancien Testament — traduit trois fois par fosse, 31 fois par tombe, et 31 fois par enfer. Toute la famille humaine descend dans le shéol (l’état de mort). Dans ce passage Dieu promet qu’il anéantira le premier enfer par le réveil des morts, qui aura lieu pendant l’Âge millénaire. Il a pris des dispositions pour sa destruction en donnant Son Fils, Jésus-Christ, pour être le prix de la Rançon afin de compenser la peine de mort prononcée à l’encontre de la famille humaine tout entière en raison du péché d’Adam.

Les pécheurs incorrigibles finalement détruits

(6) Les pécheurs incorrigibles seront jetés dans “l’étang de feu” (Apoc. 20 : 15 ; 21 : 8). Beaucoup de passages littéraux montrent que ceux-ci doivent être détruits — annihilés éternellement. En Job 31 : 3, nous lisons : “La calamité n’est-elle pas pour l’inique, et le malheur pour ceux qui pratiquent le mal ?” Ps. 9 : 5 : “Tu as tancé les nations, tu as fait périr le méchant ; tu as effacé leur nom pour toujours et à perpétuité”. Ceux qui, pendant et à la fin de l’Âge millénaire ne se seront pas soumis convenablement aux lois et corrections justes du Royaume, mourront, soit comme les maudits à l’âge de 100 ans, ou comme ceux qui n’ont pas accompli leurs jours dans le bien, en relation avec la tentation par Satan de l’humanité dans le Peu de Temps (És. 65 : 20). De même que pour Satan, tous ceux-ci seront rejetés de la mémoire de Dieu. Ils ne reviendront jamais, car Il les annihilera complètement.

Ps. 145 : 20 : “L’Éternel garde tous ceux qui l’aiment, et il extermine tous les méchants”. Ici, la perpétuation des justes est mise en contraste avec la destruction des méchants qui, par conséquent, durera éternellement. Ceux qui enseignent la théorie du tourment éternel veulent interpréter ce passage un peu comme cela : L’Éternel garde tous ceux qui L’aiment — Il les conserve dans la vie éternelle ; mais Il détruira tous les méchants, ce qui signifie les garder dans le tourment éternel dans le feu et le soufre, à la charge de démons avec des fourches. C’est une perversion de la signification du mot détruire, parce qu’ils lui font signifier exactement l’opposé, c’est-à-dire garder ! Dieu ne gardera pas, mais détruira complètement, annihilera, les méchants, de telle sorte qu’ils ne reviendront jamais à l’existence. “Elles seront comme si elles n’avaient pas été” (Abdias 1 : 16).

Destruction des corps et des âmes

Certains concluent à tort que la destruction des incorrigibles mentionnée dans les passages ci-dessus est la destruction de leurs corps, mais pas celle de leurs âmes qui, est-il prétendu, vivent dans un lieu de tourment — l’étang de feu et de soufre. C’est une conclusion erronée, car de nombreux passages des Écritures parlent de la destruction des âmes. (Pour plus de renseignements, veuillez demander notre brochure gratuite, Qu’est-ce que l’âme ?). Nous citerons quelques versets pertinents : Ps. 35 : 17 : “Seigneur ! jusques à quand regarderas-tu ? Retire mon âme de leurs destructions”. Ps. 40 : 14 : “Que ceux qui cherchent mon âme pour la détruire soient tous ensemble honteux et confondus ; qu’ils se retirent en arrière et soient confus, ceux qui prennent plaisir à mon malheur”. C’est David qui parle dans ces textes. Il comprenait bien que s’ils devaient prendre sa vie, cela aurait signifié la destruction de son âme (cependant, David n’étant pas un pécheur incorrigible, la destruction de son âme ne serait pas permanente). David est quelquefois employé comme type de Jésus et de l’Église, qui firent aussi l’expérience des persécutions de ceux qui cherchèrent à les détruire.

Actes 3 : 23 : “Et il arrivera que toute âme qui n’écoutera pas ce prophète sera exterminée d’entre le peuple”. Ici st. Pierre fait une citation d’après Deut. 18 : 19. Ce grand prophète est le Christ, Tête et Corps, qui sera l’instructeur du monde dans l’Âge millénaire. À tous sera donnée une opportunité de comprendre Ses enseignements et d’y obéir. Cependant, en refusant d’obéir, certains seront détruits après 100 années d’épreuves (És. 65 : 20). D’autres, qui obéiront extérieurement, mais refuseront de L’entendre avec leur cœur, continueront jusqu’à la fin de l’Âge millénaire. Parce qu’ils vivront égoïstement, en n’utilisant donc pas convenablement les opportunités de l’Âge millénaire, et en ne produisant pas de bons fruits pour Dieu, ils succomberont aux tentations de Satan comme les vieillards qui n’auront pas accompli leurs jours dans le bien, et seront détruits d’entre le peuple.

Apoc. 20 : 15 : “Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu”. Être trouvé écrit dans le livre de vie qui, dans l’Âge millénaire, sera la Nouvelle Alliance, signifie ici avoir un caractère qui est en harmonie avec ses arrangements, enseignements, esprit et œuvre. (étude à paraître dans un prochain numéro sur les Alliances). Mais quiconque ne sera pas trouvé en harmonie parfaite avec les enseignements de la Nouvelle Alliance à la fin du Millénium, sera jeté dans l’annihilation éternelle, symbolisée par le fait d’être jeté dans “l’étang de feu”.

LA SECONDE-MORT

On notera que cet “étang de feu” symbolique est appelé “la seconde-mort”. Cette destruction, ou mort, est appelée la Seconde-Mort en contraste avec la première, ou mort adamique. Cela ne signifie pas que tout ce qui y entre, meurt une seconde fois. Par exemple, la mort (le processus de mort adamique) et le hadès (l’état de mort adamique) doivent y être jetés (Apoc. 20 : 14), mais en aucun sens ils ne furent jamais détruits antérieurement. Par conséquent, cet étang est défini comme la Seconde-Mort en raison du fait que, pour les humains pervers, il s’agit vraiment de leur seconde mort, leur première mort ayant été en Adam (1 Cor. 15 : 22).

La Bible enseigne que tous sont morts une fois — légalement — en Adam (Rom. 5 : 15). Ce premier état de mort serait l’annihilation éternelle, n’eût été le sacrifice en Rançon de Christ, qui Lui donna le pouvoir d’écarter le processus de mort adamique et l’état de mort adamique (Apoc. 1 : 18). La différence entre le premier état de mort et le second ne réside pas dans leur nature en tant que telle, mais par rapport à la Rançon de Christ et à la manière dont Dieu les considère et les traite. Si Christ ne S’était pas donné Lui-même comme Rançon, Adam et sa race entreraient et demeureraient éternellement dans l’état de mort. Mais le mérite de la Rançon donne à Jésus le droit de sortir la race de l’extinction pour vivre à nouveau (Ps. 90 : 3 ; Apoc. 1 : 18) ; et ce droit, Il l’exercera pendant Son Règne médiatorial millénaire futur. Mais d’abord, il sera nécessaire qu’Il paraisse devant le Père au ciel, pour présenter Son mérite de la Rançon en faveur du monde, comme Il le fit en faveur de Son Église au début de l’Âge de l’Évangile (Lév. 16 : 15).

Le mérite de la Rançon de Christ garantit une épreuve de vie pour le monde et, pour cette raison, Dieu considère comme vivants tous ceux qui sont morts de la mort adamique, “car pour lui tous vivent” et donc tous ceux qui, dès à présent, n’ont pas été à l’épreuve pour la vie pendant l’Âge de l’Évangile seront relevés de l’état de mort (Luc 20 : 37, 38). Cependant, pour la Seconde-Mort, aucune rançon n’est fournie, car la loi de Dieu déclare que “les gages du péché, c’est la mort” (Rom. 6 : 23). Puisqu’il n’est pourvu à aucune rançon pour la Seconde-Mort de façon à mettre fin à son éternité, comme dans le cas de la première mort, la Seconde-Mort est éternelle. Ceux-là “subiront le châtiment d’une destruction éternelle” (2 Thess. 1 : 8, 9).

(Bible Standard N° 798)