Extrait de l'Etendard de la Bible N° 291 - MAI-JUIN 2005

INTRODUCTION

 

Dans l’histoire des nations nous lisons que, lorsque leurs conditions de vie devinrent inacceptables, les hommes recherchèrent des alternatives. On a toujours admis que les alternatives étaient là, et qu’il suffisait de les trouver. Au pire, lorsqu’une nation, ou même un empire s’affaiblissait et croulait jusqu’à la décadence, des peuplades étrangères l’envahissaient et prenaient le pouvoir. Aussi désagréable que cela puisse être pour certains, il y eut toujours des alternatives et, avec elles, de l’espoir pour notre espèce.

La pensée troublante et souvent effrayante qui s’impose continuellement aujourd’hui, est que le monde de notre époque est en train d’épuiser rapidement les alternatives — ou les a déjà épuisées. Il n’y a maintenant plus aucun peuple “étranger” auquel avoir recours, vers lequel nous tourner, puisque toutes les nations sont attirées par le modèle unique mondial, par des influences telles que le développement de la technologie moderne, le déferlement mondial d’information et de communication, et le déplacement des sociétés civiles et des intérêts financiers du niveau national au niveau mondial. Des populations tout entières sont inquiétées, n’étant plus à même de contrôler les affaires à l’intérieur de leurs propres frontières. En vérité, les gouvernements ne sont plus maîtres de leur destin. Ils se sentent de plus en plus exposés à des situations menaçantes et aux effets des crises incontrôlables de toutes sortes qui, dans un passé proche, ont débordé les frontières traditionnelles pour englober le monde entier.

Malgré leur puissance colossale, les États-Unis, à la pointe des efforts pour contrôler la propagation d’armes dangereuses et maîtriser divers groupes hostiles à leurs intérêts globaux, sont maintenant menacés sur leurs propres côtes — un phénomène relativement récent. Sans une coopération internationale efficace, la “guerre à la terreur” a peu de chances d’être un succès. Des groupes militants de fanatiques s’assemblent et s’entraînent dans des régions éloignées, soutenus par des états fourbes qui détournent les yeux sur leurs activités. Mobiles et souples dans leurs opérations, ces groupes peuvent défier des plans compliqués pour les acculer et, s’ils sont menacés par des attaques armées, ou l’étranglement économique, ils peuvent promptement replier leur structure dans d’autres pays qui sympathisent avec leurs philosophies malfaisantes.

L’attaque dévastatrice récente d’un train de banlieue à Madrid et les violentes agressions contre les forces de la coalition en Irak ne sont que deux têtes de l’hydre terroriste, et font suite à une longue série d’attaques menées par des groupes disparates contre les pays occidentaux au cours de plusieurs décennies passées.

De tous les points d’éclair embarrassants du monde moderne, aucun n’est peut-être plus dangereux que la chaudière proche de l’ébullition qu’est le conflit israélo-palestinien. Autrefois objet de sympathie dans le monde entier, Israël a perdu, au cours des 20 dernières années, beaucoup de la bienveillance qu’il avait gagnée en tant qu’opprimé, combattant, se bagarrant contre des forces écrasantes. Politiquement, la grande partie du monde est unie contre lui. Cependant, il ne fait face pour l’instant qu’à une opposition militaire modeste — ses attaquants, tels que le Hamas, manquant d’armes nécessaires pour s’engager dans une guerre à grande échelle contre l’état. La tactique de la main lourde d’Israël contre les Palestiniens — maintenant perçus comme étant dans la condition d’opprimés, que les Israéliens occupaient habituellement — lui ont gagné la réprobation de beaucoup de membres de la communauté des nations du monde entier.

Pour le moment, la puissance militaire conventionnelle et nucléaire supérieure d’Israël, et le soutien des États-Unis, ont tenu en échec un assaut militaire de grande ampleur contre Israël. Mais les Écritures nous disent que cela changera. Il arrivera que la nation d’Israël sera “environnée” — de quelle manière ? nous ne le savons pas — et elle sera menacée d’extermination nationale. Elle sera délivrée de cette menace par Dieu, pas à cause de sa droiture, car Israël est enclin aux fautes qui affectent les autres entités nationales, mais “à cause de ses pères” (Rom. 11 : 26-29).

Cet exemplaire de l’Étendard de la Bible examine la question et montre la bordure argentée de la sombre nuée qui surplombe le monde à présent.

 

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UNIQUE PARMI LES NATIONS

 

“Le Sionisme est, en somme, l’effort constant et sans relâche pour réaliser la vision nationale et universelle des Prophètes d’Israël”.

Ygal Allon, Ministre des Affaires étrangères
À l’Assemblée générale des Nations Unies,
Le 30 septembre 1975

 

C’est contre ce cadre sinistre qu’un événement de proportions véritablement historiques s’est imposé, contre tout précédent et toutes probabilités, sur le devant de la scène. Le rassemblement du peuple dispersé d’Israël dans son ancienne terre nationale venant de tous les pays du monde où il avait été conduit en exil, et son émergence soudaine, dramatique, à l’existence en tant que nation, et à l’influence dans les affaires mondiales est unique dans l’histoire du monde.

L’espoir parmi les Juifs est apparu à un moment où l’espoir dans le monde des nations s’effrite, à mesure que l’incertitude, la crainte et le désarroi grandissant prennent le dessus. Les conducteurs des nations des deux extrémités du spectre politique, aussi bien que les gourous de l’économie du second plan politique et économique, ont fait des expériences avec divers stratagèmes afin d’obtenir et de maintenir une stabilité économique et politique. Et donc les sages de ce monde, au moyen de nouvelles mesures économiques, de nouvelles formes de croissance industrielle, de nouveaux modèles sociaux, de nouveaux systèmes et alliances politiques, de nouvelles technologies, des fusions commerciales et financières gigantesques, et par bien d’autres moyens qu’ils peuvent concevoir, cherchent à stabiliser et à contrôler les conditions nationales et mondiales. Mais les actualités quotidiennes sont un catalogue déprimant de leur échec.

 

LE PASSÉ — CLÉ DE L’AVENIR

 

Bien au contraire de toute leur compréhension, la réponse — la seule réponse — aux problèmes du monde ne se trouve pas dans les plans et les philosophies du présent, mais elle est ensevelie dans le passé, où des vérités négligées se sont perdues – submergées par le mouvement et l’agitation des affaires de notre civilisation actuelle.

Il est vital pour le Juif, le Juif israélien en particulier, de comprendre la situation, car ces vérités négligées lui appartiennent. Actuellement, alors que de nombreuses nations des Gentils perdent confiance dans les valeurs de leurs traditions, institutions et inventions pour tenir contre la désintégration, Israël émerge de son passé historique et religieux diversifié vers la vision d’un avenir brillant avec la promesse et une espérance prophétique — même si les combats et le chaos qui touchent le Moyen-Orient aujourd’hui obscurcissent ceci. Sous les attaques terroristes et la menace des forces militaires disposant d’armes de destruction massive ; grandement surpassé en nombre par des foules d’ennemis à l’extérieur ; déchiré par des factions politiques, religieuses et ethniques à l’intérieur, quelle est donc cette espérance ?

La meilleure et probablement la seule réponse possible à une question qui laisse aussi perplexe est simple : l’espérance d’Israël qui, à son tour, enchâsse l’espérance de l’humanité tout entière se résume en un mot simple, et grandement diffamé : le Sionisme. De même qu’il est écrit : “la joie de toute la terre, est la montagne de Sion, … la ville du grand roi”. “Et beaucoup de nations iront, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem, la parole de l’Éternel. Et … une nation ne lèvera pas l’épée contre une [autre] nation, et on n’apprendra plus la guerre” (Ps. 48 : 2 ; Michée 4 : 2, 3).

 

Origines

Quatre mille ans ont passé depuis qu’Abraham, à l’époque de la mort de son père Térakh, passa de Charan vers Canaan, afin qu’il puisse s’y assurer et confirmer les bénédictions qui lui avaient été proposées par Dieu, lui accordant ainsi qu’à sa postérité le pays de Canaan en possession éternelle (Gen. 12 : 1-4 ; 17 : 1-8). Plus tard, sur le mont Morija, une alliance unilatérale fut faite avec Abraham, et scellée du serment de Dieu, alliance qui révélait les desseins de Dieu en l’appelant, et prenait l’engagement qu’en la postérité d’Abraham toutes les nations de la terre seraient bénies (Gen. 22 : 15-18).

C’est de cette façon que furent établis les fondements du Sionisme, 1000 ans avant que le mot ne s’inscrive dans la langue hébraïque. Sous forme embryonnaire, l’idée continua à vivre et se développa dans la requête de foi de Joseph afin que ses os fussent transportés en Canaan, la Terre de la Promesse (Gen. 50 : 24, 25) ; mais la “naissance” fut longtemps retardée. Depuis l’époque de Joseph, 200 ans durent passer avant que commencent les douleurs de l’enfantement lors du retour de Moïse en Égypte, la nuit de la Pâque et de la sortie d’Israël de ce pays agité. Elles s’intensifièrent dans la Loi et l’Alliance du Sinaï, et dans les pérégrinations des quarante années du Tabernacle sous la conduite de Moïse. Ensuite vint la naissance, quand Israël traversa la rivière Arnon pour conquérir les territoires à l’Est du Jourdain, peu après cela, sous la conduite de Josué, la traversée s’accomplit grâce à la séparation des eaux du Jourdain et permit de s’emparer de Canaan, la Terre Promise.

 

SION SE LÈVE

 

Cependant, c’était une naissance sans nom. Ce fut véritablement la Terre de la Promesse lorsque les Juges gouvernaient, mais ce n’était pas encore Sion. Cinq cents ans s’écoulèrent, accompagnés de fortunes changeantes, avant que vint David, l’homme selon le propre cœur de Dieu (1 Sam. 13 : 14). Aux Jébusiens il prit, par le siège et l’assaut, la colline fortifiée de Sion, et ôta cet opprobre du milieu du pays (Josué 15 : 63 ; Juges 1 : 21). Il appela le lieu : la Cité de David, mais sa citadelle était Sion, et elle le reste encore aujourd’hui, résumant à chaque Juif croyant son droit inaliénable à la Terre Promise.

Pendant les trois cents années qui suivirent, alternant prospérité et échec selon qu’ils observaient ou négligeaient la loi de Dieu, ils occupèrent le pays tout entier, mais non pas comme une seule nation. Après la mort de Salomon, le fils de David, dix tribus se rebellèrent et fondèrent le Royaume du Nord d’Israël. Là, apostats et dirigés par ceux qu’ils avaient choisis, des rois qui n’étaient pas de la lignée de David, depuis Jéroboam jusqu’à Osée, et sans égard aux mises en garde des prophètes, ils dégénérèrent, jusqu’à ce que, par le jugement final de Dieu, ils furent emmenés en captivité et dans les ténèbres par des envahisseurs assyriens (2 Rois 17 : 20-23).

Au sud du pays, des rois divinement ordonnés de la lignée de David (2 Sam. 7 : 12-17 ; Ps. 89 : 3, 4) restèrent sur le trône de Juda, et quoi qu’ils se maintinrent cent années de plus, ils réussirent un peu mieux. Les rois régnèrent avec orgueil, le peuple oublia son Alliance et pécha. En conséquence, le pays s’affaiblit, et les étrangers l’opprimèrent.

 

Des Calamités

Malgré les appels de Jérémie et ses prédictions lugubres, Juda n’observa pas les commandements du Seigneur. Finalement, le roi de Babylone attaqua avec une grande armée et détruisit Jérusalem. Roi et peuple ensemble suivirent leurs frères du nord en captivité (Jér. 18 : 15-17), mais pas dans les mêmes ténèbres historiques, car même si Dieu allait assurément punir Son peuple, Il n’allait pas les oublier (És. 49 : 15). Parmi les captifs, les fidèles se lamentèrent puisque Dieu, dans une juste colère, S’était tourné contre Son peuple. Exilés dans le pays au-delà du grand fleuve Euphrate, ils pleurèrent lorsqu’ils se remémoraient Sion (Ps. 137 : 1).

Cependant, même ici, une question se pose : combien pleurèrent ? Ils furent peu nombreux en vérité. Et combien, bientôt préoccupés par des carrières mondaines, recherchèrent l’assimilation dans des conditions avantageuses parmi les Gentils, oubliant leur appartenance spirituelle à Jérusalem ? Ils furent de loin la grande majorité.

 

Délivrance

Après soixante-dix années d’exil vint le grand roi Cyrus, le fondateur de l’empire Médo-Perse et conquérant de Babylone. À un moment où Ézéchias avait régné en Juda, il avait été nommé par le prophète Ésaïe de nombreuses années auparavant comme celui qui allait procurer la délivrance de cette captivité (És. 44 : 28 ; 45 : 1). Ceux qui pleuraient, crièrent de joie avec Zorobabel et sa petite troupe, armés de l’autorité du roi de Perse pour rentrer dans le pays et reconstruire le temple détruit. Cependant, qui entreprit ce périple de foi et d’espérance ? Seulement 50 000 âmes d’entre tous ceux qui s’étaient dispersés dans un vaste empire ; et la plupart d’entre eux ne provenaient que de deux tribus, Juda et Benjamin. Certaines femmes, certains enfants et certains vieillards qui désiraient fortement que leurs os reposent avec ceux de Joseph dans le pays, allaient faire partie du nombre (Esdras 3 : 12), les quelques fidèles parmi un peuple négligent.

Au temps convenable, persuadé par Esdras, le peuple reconstruisit le temple, quoiqu’il fut dans une ville encore brisée, négligée et dans un pays désolé (Esdras 8 : 1-36).

Néhémie le fidèle revint ensuite, armé des lettres du roi. Il remonta le moral du peuple. Par lui, les murs de la ville furent reconstruits en dépit de l’opposition païenne, et sa porte fut solidement fixée à sa place. Jérusalem et Sion se relevèrent pour rassurer les fidèles, pour réprouver et mettre en garde les infidèles, et pour annoncer au monde que les promesses étaient infaillibles, et qu’Il ne rejettera jamais Son peuple Israël.

Pourtant, Jérusalem n’était pas encore libre. Au temps convenable, le suzerain perse céda la place à la suprématie grecque, puis à la romaine, alors que Dieu maintenait le modèle de Son Jugement en Ézéch. 21 : 26, 27. Il s’écoula encore 400 ans durant lesquels, une fois encore, quoique possédant Ville, Temple, Sacrificateur et Prophète, la Loi tomba en désuétude parmi beaucoup.

Enfin, de nouveau assiégés, cette fois-ci par une armée romaine, la ville tomba et le temple fut détruit. Des généraux romains, Vespasien et Titus, se distinguèrent de manière brève, mais sanglante, dans la réduction de Jérusalem et de la forteresse de Massada, alors que, une fois de plus, les aspirations juives étaient écrasées par une puissance de Gentils. Ce fut à cette époque que commencèrent les années de la grande éclipse, puisque les Juifs fuirent la Terre sainte pour rejoindre leurs frères dans la diaspora. La révolte de Bar Kokhba, quelque soixante années plus tard, suscita de brefs espoirs mais, réprimée après deux années de pertes sévères des deux côtés, elle ne servit qu’à intensifier la rigueur de l’exil, car par la suite, il fut même interdit d’entrer dans la Ville sainte. Depuis ce moment-là, Sion ne fut plus qu’un mot sur des lèvres pieuses, et une aspiration du cœur des fidèles parmi un peuple exilé ; cette fois-ci, non plus pour 70, mais pour 1800 ans.

 

Aucun Lieu de Repos

Qui peut parler des misères d’Israël depuis ce moment ? Disparus le Temple et son autel dans le Saint. Disparue la Sacrificature. Disparu le Taureau de Réconciliation. Disparue la ville antique ; son peuple était dispersé, et le pays était une désolation (És. 64 : 9-12).

Dans les nombreux pays où ils se rendirent, les Juifs trouvèrent parfois un répit momentané, mais de courte durée, des persécutions amères de la bigoterie religieuse. Pourchassés et traqués de ville en ville et de nation en nation, objets de toutes les insultes, mais aussi boucs émissaires commodes pour supporter tous les reproches, l’histoire de la manière dont ils ont été traités suscite la honte de leur grand diffamateur et oppresseur, la chrétienté. Cependant, pour tout cela, l’intelligence juive s’enflamma ici et là dans les ténèbres profondes de l’Europe moyenâgeuse, uniquement pour être suivi par d’autres spoliations, violences et expatriations périodiques.

Alors que leur patrie était dans la désolation sous les gouvernements successifs des Arabes, des Croisés, des Kurdes, des Mameluks et des Turcs, l’esprit des intellectuels juifs de partout se préoccupait principalement de la Kabbale et du Talmud. La lumière directrice de la Torah (Ps. 119 : 105) ne brillait que faiblement à travers le mysticisme, les exercices intellectuels et les commentaires incessants qu’on écrivait durant ces jours sombres. Cependant, la force de chaque nouvelle vague de persécution amère brisa le voile fragile ainsi tissé par l’intellect humain pour exposer son peu de valeur (És. 55 : 8, 9) et, une fois encore, la promesse abrahamique et la Torah vinrent au premier plan comme la seule base sûre pour leur espérance. Avec chaque nouvelle attaque, voyant une fois encore les besoins véritables et la destinée d’Israël, beaucoup parmi les fidèles poussèrent des cris vers leur Messie, et le peuple tournait à nouveau son cœur et son esprit vers Jérusalem, vers Sion.

 

Répit Temporaire

La superstition des Âges des Ténèbres recula devant l’avancée de la pensée de la renaissance, et une grande partie de l’Europe fut transformée dans les bouleversements de la Réforme. Alors que l’Europe s’installait dans son modèle religieux modifié, de nouvelles libertés vinrent pour le peuple, nouvelles libertés qu’une grande partie de la société juive exploita totalement. En Europe de l’est, le Hassidisme s’attachait à la piété, aux traditions et à la langue Yiddish, mais ailleurs, les esprits plus libéraux du Haskalah embrassèrent les principes des lumières européennes, et une bonne partie de la culture occidentale. Cette émancipation spirituelle, qui apparut en premier lieu avec l’adoption par les Etats-Unis d’Amérique nouvellement constitués, du Statut de Liberté Religieuse de Virginie en 1786, fut particulièrement profitable. Au même moment, le mouvement grandissant de Réforme du Judaïsme, associé à de plus grandes opportunités d’assimilation dans des terres plus tolérantes, élargirent davantage la nature de la Judaïté dans la société occidentale.

 

La Première “Aliyah”

Dans une nouvelle éruption violente d’antisémitisme, les Pogroms (pogrom — dévastation) de la Russie du 19ième et du début du 20ième siècles apportèrent la terreur aux Juifs qui s’y trouvaient, et conduisirent à une autre migration massive. Tandis que beaucoup recherchèrent la liberté dans des pays où la prospérité était établie et l’émancipation juive gagnée, il n’en fut pas ainsi parmi les rares fidèles.

Des groupes tels que le Bilu (initiales hébraïques pour : “Maison de Jacob, viens et partons”) et Hibbat Sion (Hébreu pour “Amour de Sion”) encouragèrent un retour vers la Terre Sainte, et développèrent des mesures

 

pour s’y installer, et l’année 1882 vit, en Palestine, le commencement d’une vague d’immigration alors que la première “Aliyah” (montée) se préparait.

Et ainsi, tandis que les nombreux négligents recherchaient une prospérité rapide et, fréquemment, l’assimilation dans une société de Gentils prospère et établie, les rares fidèles recherchèrent leur terre à l’abandon avec sa Promesse ancestrale. Sur une terre ravagée, rocailleuse, à l’aide d’outils primitifs, une poignée d’hommes nettoya, creusa, irrigua et planta dans la foi ; et ce fut par eux que le Sionisme commença à sortir de son passé bouché pour entrer dans la promesse d’une brillante ère nouvelle. Le temps était venu pour Dieu de bénir Sion. “Mais toi, Éternel ! Tu demeures à toujours, et ta mémoire est de génération en génération. Tu te lèveras, tu auras compassion de Sion ; car c’est le temps d’user de grâce envers elle, car le temps assigné est venu. Car tes serviteurs prennent plaisir à ses pierres, et ont compassion de sa poussière” (Ps. 102 : 12-14).

LE MOUVEMENT MODERNE

 

Le mouvement sioniste fut bâti sur le fondement inébranlable des aspirations juives pour leur patrie. Depuis le début du 18ième siècle, les “Rebbes”, des conducteurs charismatiques, et des rabbins du Hassidim parlant yiddish, aidés par la lassitude d’esprit, par le danger constant de persécution et la misère écrasante de leurs troupes parmi les exilés à l’Est, avaient maintenu fervente l’espérance d’un Retour.

Ainsi stimulés, quelques-uns faisaient de temps en temps des efforts courageux, mais grandement inefficaces pour se réinstaller dans leur terre ancestrale ; mais c’était les prémices. Le “temps fixé” (Ps. 102 : 13) était encore futur et cet impératif religieux d’origine largement hassidique, dénué de tout appui logistique, fit peu de progrès pour promouvoir une réimplantation efficace. Mais cependant, elle gardait vivante une vision, une espérance.

 

Herzl

En 1878, le Congrès des Nations de Berlin, dû spécialement aux efforts de Benjamin Disraeli, décréta une amélioration des restrictions imposées aux Juifs en Palestine. Ensuite, depuis Vienne et l’influence du Haskalah en Europe centrale, vint une nouvelle approche dans la Science du gouvernement du grand défenseur du Sionisme, Theodor Herzl. Sa vue, que l’établissement d’un État juif souverain était la seule solution au problème juif (exprimé dans son livre, Der Judenstaat — l’État Juif, publié en 1896), commença à émerger comme concept politique réaliste, à partir du moment du premier Congrès sioniste à Bâle en 1897. Le mouvement moderne fut ainsi donc initialisé non plus comme une solution religieuse, mais politique au très ancien problème de l’absence de pays pour les Juifs.

 

Russell

La mort précoce de Herzl en 1904 fit vaciller le mouvement sioniste, mais un nouveau départ lui fut donné par un message venant d’un horizon totalement inattendu. En 1910, un chrétien, le Pasteur Charles Taze Russell, un Gentil, ami du peuple juif et étudiant remarquable des prophéties hébraïques, écrivit 12 articles sous le titre “Le Peuple Choisi de Dieu”, qui suscitèrent beaucoup de curiosité et d’intérêt parmi les Juifs. Dix-neuf ans auparavant, c’est-à-dire six années avant la tenue du premier Congrès sioniste, et alors même que le travail de Herzl était peu connu, C.T. Russell avait inséré dans son livre Que Ton Règne Vienne, un chapitre intitulé “Le Rétablissement d’Israël”.

Ces articles, qui paraissaient dans la revue à grande circulation Overland Monthly (publiée à San Francisco par le journaliste et auteur, Francis Bret Harte), l’amenèrent à être invité à parler dans une réunion publique juive à l’Hippodrome de New York, la même année. Plus de 4 000 Juifs représentatifs y assistèrent, furent édifiés et inspirés lorsqu’il leur parla de leurs propres prophéties hébraïques, les assurant du retour de la faveur de Dieu, et d’un avenir glorieux pour un Israël futur.

En réponse à l’intérêt massif parmi les Juifs, le Pasteur Russell publia un journal spécial en yiddish, Die Stimme (La Voix). Ainsi, aidé de ses collaborateurs, il suscita un renouveau d’intérêt pour les prophéties, et ralluma des braises du zèle sioniste concernant l’aspect religieux (mais pas dans l’idée de convertir).

 

La Première Guerre Mondiale Commence

En 1914 éclata la Grande Guerre en Europe, et les hostilités se répandirent au Moyen-Orient. L’année 1917 vit les Turcs, un dominateur sans merci pour les Juifs, fuir la Palestine devant l’avancée de la Force Expéditionnaire Britannique (FEB) depuis l’Égypte sous le commandement du Général Allenby. Il n’y eut aucun engagement de forces, et apparemment par miracle, la ville de Jérusalem demeura intacte.

Venant des Marais Pripet de Minsk, une société yiddish, et de la pauvreté abjecte de la Zone d’Installation en Russie, arriva un garçon qui allait devenir le prochain défenseur de la cause sioniste. Chimiste, inventeur, Sioniste dans l’âme et, par la suite, ami des hommes d’État britanniques, Chaïm Weizmann se servit de tous les arguments et occasions disponibles pour garantir un foyer national au peuple juif.

En 1917, malgré l’opposition de Juifs assimilés influents, les efforts de Weizmann furent récompensés dans la Déclaration Balfour, cérémonieusement publiée par le gouvernement impérial britannique qui “était favorable” à la cause sioniste. Ainsi, à partir de cette même année, tandis que le sang et la richesse de la chrétienté coulaient à flots sur les champs des Flandres, la terre promise à Abraham et à sa semence fut débarrassée de l’occupation hostile, et les Juifs, soutenus par la puissance d’un empire étranger comme à l’époque de Cyrus, furent chargés d’étudier un retour dans la Terre promise.

Après des années de négociation, en 1922, la Ligue de Nations nouvellement constituée approuva un mandat selon lequel la Grande-Bretagne contrôlerait l’établissement d’un foyer national pour les Juifs, en Palestine.

 

Les Années d’Entre-Deux-Guerres.

Entre les guerres, une opposition arabe violente, l’hésitation britannique, l’intransigeance de l’Europe et l’indifférence de nombreux Juifs riches, assimilés, rendirent nul l’objectif du Mandat. Weizmann témoigne que la terre fut achetée à des arabes profiteurs sur le marché libre — non pas avec la richesse des millionnaires, mais avec l’argent provenant de la poche des Juifs pauvres. (Nul doute que Zorobabel et Néhémie auraient sympathisé, se rappelant leurs propres expériences de l’“Aliyah” à l’époque des rois de Perse). Des Sionistes militants et intransigeants, tels que Trumpeldor et Jabotinsky, œuvrèrent sans relâche pour soutenir les Juifs fidèles, aux abois, ainsi que leurs desseins toujours visionnaires dans le pays, pendant ces années d’hésitation britannique.

 

La Seconde Guerre Mondiale Commence

Et alors vinrent Hitler, la guerre, l’Holocauste. Avant la guerre, l’appel du Sionisme, même face à la montée de l’antisémitisme allemand, n’avait pas été très en vogue parmi les Juifs. Les riches étaient si étroitement imbriqués dans le tissu serré de la société européenne qu’ils se sentaient en sécurité, considérant la diffusion des idées sionistes comme du fanatisme, de l’extrémisme et une menace pour leur situation confortable. Les travailleurs étaient embarrassés, le travail vacillait, et puis ce fut trop tard. Hitler frappa.

Alors que le monde se révoltait contre l’horreur de 6 000 000 de morts, les Juifs d’Europe continentale qui avaient survécu aux camps de la mort reçurent une poussée vitale vers leur patrie ancestrale. Là où avait échoué l’appel du Sionisme, les terreurs de l’Allemagne nazie réussirent, et les Juifs européens affluèrent vers le sud à destination de la Palestine, par tous les moyens disponibles. Ils traversèrent les eaux de la Méditerranée orientale dans des bateaux inadaptés aux eaux profondes, et dangereusement surchargés et, malgré les efforts britanniques pour repousser cette marée — souvent par des méthodes brutales et déplaisantes — de nombreux réfugiés arrivèrent au but. Ils accostèrent, se répandant au-delà des soldats britanniques harassés pour embrasser la terre pour laquelle ils allaient bientôt se battre. L’opinion mondiale se retourna contre les Britanniques, qui allaient mettre fin à leur mandat et retirer leur administration en 1948.

 

Les Nations Unies

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopta une résolution appelant à l’établissement d’un État juif dans le pays et, le 14 mai 1948, à Tel Aviv, et contrairement à tout précédent historique et à toute probabilité, les conducteurs sionistes, David Ben Gourion en tête, proclamèrent l’État d’Israël. Cinq états arabes envahirent le lendemain et apprirent rapidement la première d’une série de leçons amères — qu’Israël était venu pour rester.

Assurément, puisque les Sionistes d’avant-guerre n’étaient pas parvenus à persuader leurs frères juifs de retourner en les “pêchant” à l’aide de l’appât du renouveau sioniste, les “chasseurs”, brutaux comme ils le furent, avaient accompli leur travail (Jér. 16 : 14-16). Le monde observait avec étonnement ; les Arabes avaient peur et la Russie proférait des menaces, mais sans aucun résultat, car le temps était venu pour Dieu de favoriser Sion.

 

Accusations de Racisme

Dès lors, les aspirations du Sionisme ont été le sujet de nombreuses présentations politiques erronées des faits. À juste titre, le “racisme” est répugnant pour les nombreuses nationalités assemblées aux Nations Unies, et condamné par elles, et dans cette auguste assemblée, on ne peut pas ouvertement attaquer le Juif parce qu’il est juif, ou parce qu’il a une patrie. Ainsi, ces nations et ces individus, qui haïssent les Juifs, les attaquent — non pas en tant que Juifs, mais en tant que Sionistes. Parmi les nombreuses voix stridentes qui s’élèvent contre l’État juif, les invraisemblables associés du Marxisme et de l’Islam ont fait chambre commune dans leur mésentente, leur crainte, partagées, et leur haine de la cause sioniste. Le “Sionisme”, disent-ils pour se justifier, “est du racisme”, et le forum des Nations Unies a servi longtemps de plate-forme pour cette attaque.

 

Le Pouvoir du Pétrole

À mesure que le besoin du pétrole des nations islamiques devient de plus en plus vital pour soutenir les économies des États-Unis et de l’Europe de l’Ouest, même les alliés potentiels d’Israël prennent peur et se prononcent contre lui, ou gardent le silence lorsqu’ils devraient parler pour le défendre. Pendant de nombreuses années, des pressions arabes évidentes et indirectes ont été exercées sur des nations assoiffées de pétrole pour qu’elles se détournent d’Israël. Cette pression explique les particularités observables dans la position politique de nombreuses nations, au cours de nombreux conseils internationaux, dans les agissements financiers et commerciaux, et dans des reportages d’actualités et d’opinions fortement dépourvus d’objectivité, qui paraissent souvent dans une grande partie de la presse mondiale.

 

Explosion Ethnique

Israël peut-il survivre ? Avec toutes ces difficultés externes, il a aussi des factions religieuses et séculières de sa propre population qui mènent campagne dans les rues, ainsi qu’un mélange racial et culturel qui défie toute évaluation. Cependant, de même que son peuple a un grand amour pour Sion, de même le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob fera prospérer Israël, et Il se révélera à eux par des œuvres puissantes qui sont encore à venir. Chaque difficulté qu’ils affrontent tournera finalement à leur avantage, à mesure qu’ils apprennent, par les dures leçons qu’Il leur envoie, à revenir aux principes de leur Alliance de la Loi, et aux déclarations et promesses de leurs Prophètes inspirés.

Que dire des soi-disant “Juifs antisionistes” ? Cette appellation est-elle contradictoire ? Où se tiendront ces Juifs lorsque Dieu libérera Sion (Ps. 69 : 35 ; 102 : 13-16 ; 132 : 13 ; És. 2 : 3 ; 30 : 19) ? Jus-qu’ici, cette “délivrance” n’a fait que commencer. Alors que nous nous penchons sur cette partie de prophétie qui n’est pas encore accomplie, nous voyons que l’avenir d’Israël est garanti, et même si son cas semble chargé de nombreux périls maintenant, ses perspectives sont véritablement glorieuses.

“Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, … ne crains point, … Je te fortifierai … t’aiderai… te soutiendrai” (És. 41 : 8-10).

 

L’AVENIR DU SIONISME

 

Comme nous l’avons vu, le guide vers l’avenir se trouve partiellement dans le passé, un point rendu clairement en És. 30 : 20, 21. Ces saints hommes d’autrefois, les prophètes, avaient écrit alors qu’ils étaient animés par l’esprit de Dieu. C’est par eux que nous avons l’assurance que toutes les prophéties et les promesses bibliques doivent être accomplies (És. 55 : 10, 11). Nous y lisons non seulement les promesses des joies à venir, mais aussi les avertissements des jugements contre le péché et l’égoïsme qui affectent les affaires des humains. Nous notons leurs allusions à des vagues de troubles qui affligeront la terre, ébranlant terriblement et, finalement, détruisant chacune de ces institutions qui ont été mises en place pendant de nombreux siècles pour diriger et contrôler ses affaires (Ps. 107 : 23-27 ; És. 34 : 1, 2, 8 ; 66 : 16 ; Daniel 12 : 1 ; Joël 1 : 15 ; Soph. 1 : 14-16 ; 3 : 8 ; Mal. 4 : 1).

Ici, dans ce jour de détresse, de trouble et de ténèbres spirituels, des forces sombres du terrorisme international sont actives dans le monde entier. Elles opèrent secrètement, beaucoup complotant non seulement la destruction d’Israël, mais aussi la chute de la culture occidentale. D’un autre côté, des révolutionnaires politiquement radicaux avec leur noyau dur d’anarchistes sont en marche contre les puissances et les plans du capitalisme mondial, cherchant à les détruire. Sous cette menace, des nations irritées mais effrayées s’unissent pour affronter leurs attaques.

 

Israël Divinement Protégé

Dieu a promis qu’Il sauvera Israël au moment où il en aura le plus besoin, et qu’Il brisera les nations qui s’attaqueront à lui en ce jour-là (Zach. 14 : 2, 3). Ces prophéties sublimes d’Ézéchiel. 38 et 39 ainsi que Zacharie 14, longtemps l’objet d’études eschatologiques, commencèrent à émerger du sein de l’obscurité chronologique avec l’implantation de l’État juif en 1948, puisque pendant 2000 ans avant cette date, il ne se trouvait plus de nation d’Israël à attaquer. Avec les rapports des événements qui se déroulent dans le monde aujourd’hui, spécialement ceux qui se concentrent sur la condition en Israël, l’importance de ces passages des Écritures est plus clairement que jamais en vue. Les signes des temps prophétiques dans lesquels nous vivons vont se voir clairement.

Quant à ceux d’entre les Juifs qui n’aiment pas Sion, mais qui ont cherché l’assimilation et ont trouvé l’oubli dans leurs nouvelles terres promises d’Amérique et d’Europe, ils ne peuvent apprécier ces signes que petitement. Les bénédictions spéciales promises à la nation d’Israël seront peut-être perdues pour eux.

Le grand Temps de Détresse sans précédent prédit par Daniel s’est amorcé et a pris force depuis qu’il s’est établi lorsque la Guerre mondiale a éclaté en 1914 (Daniel 12 : 1). Son paroxysme terrifiant est peut-être éloigné de plusieurs années, mais il viendra à coup sûr. Cependant, juste derrière ces nuées de détresse, les joies, les bénédictions promises, brillent avec éclat. Les yeux de la foi discernent le temps dans lequel les hommes, alors guidés et contrôlés divinement, transformeront leurs armes de guerre en outils de prospérité, et abandonneront les arts de la guerre (Ésaïe. 2 : 4 ; Michée. 4 : 3). Dieu a promis qu’Il établira un nouvel ordre mondial dans lequel le peuple apprendra à faire ce qui est droit (Osée 2 : 18 ; Ps. 46 : 8-10 ; Ps. 67 ; Ésaïe. 26 : 9). Alors, “toutes les extrémités de la terre [auront] vu le salut de notre Dieu” (Ps. 67 : 7, nous mettons en italique).

 

Du Désespoir à la Prospérité

Comment une telle transformation devra-t-elle se faire ? Étant donné que cette question dépasse de loin la capacité de l’esprit humain, une fois encore, nous nous tournons vers la Parole de Dieu, telle qu’elle fut donnée par les anciens prophètes.

Les Écritures nous informent que, dans leur désespoir au paroxysme de la “détresse pour Jacob”, les Juifs (Jérémie. 30 : 7) crieront vers Dieu pour obtenir du secours. Dieu les entendra en ce jour et les sauvera miraculeusement de la destruction apparemment inévitable (Ps. 107 : 19-21 ; Zacharie. 12 : 1-10). Alors que la signification de ces choses commence à poindre sur eux et que, grandement châtiés, ils tournent à nouveau leur cœur vers le Dieu de leur Alliance et appliquent leur esprit à leurs Écritures — les paroles concentrées de la Loi et des Prophètes — ainsi leur véritable Messie leur sera révélé. Ils L’accepteront joyeusement comme leur Libérateur et Il commencera à régner sur eux en grande puissance et en gloire (És. 9 : 6, 7), marquant le grand moment décisif dans les affaires d’Israël et, peu de temps après cela, de toute l’humanité.

Ensuite, le Sionisme sera au premier plan dans tous les esprits juifs. La Nouvelle Alliance prédite par Jérémie sera faite entre Dieu et la nation juive dans le pays d’Israël (Jérémie. 31 : 31-34 ; Ésaïe. 44 : 23). Sous ses termes, ceux qui l’observent seront conduits en tant qu’individus dans la voie de la paix, de la prospérité et de la vie éternelle (Ézéchiel 36 : 26-28). C’est ainsi que la “voix douce, subtile” de la raison divine (1 Rois 19 : 12 ; Ésaïe. 55 : 7-11) commence à se faire entendre et à être écoutée — premièrement par la nation d’Israël, et ensuite, graduellement et par l’intermédiaire d’Israël, elle s’étendra au monde entier.

 

LA BÉNÉDICTION PROMISE

 

L’essence même du Sionisme sera révélée à un moment où, non seulement la nation d’Israël, mais le monde entier, est dirigée à porter un regard en arrière vers l’Alliance Faite Sous Serment originelle que Dieu établit avec Abraham. À mesure que de nombreuses nations se mettront à considérer Israël sous un nouveau jour, Michée 4 : 2 sera accompli, et la Parole de l’Éternel exprimant la Loi de cette Nouvelle Alliance sera portée de Jérusalem vers toutes les nations, pour leur bénédiction (És. 2 : 2-5 ; Gen. 22 : 18). À la fois Juifs et Gentils, humiliés et châtiés par leurs terribles expériences, et honteux de ce qu’ils ont fait dans les excès du Temps de Détresse, rechercheront sincèrement la justice et la paix (Zach. 8 : 20-23 ; 2 : 9-13).

Au fur et à mesure que les habitants de la terre se soumettront graduellement aux conditions de la Nouvelle Alliance, la malédiction de la mort et du processus de la mort sera annulée par la puissance du Messie. La pleine force de l’amour et de la compassion de Dieu sera révélée à l’humanité émerveillée lorsque, dans une manifestation remarquable de la puissance divine, les morts de la terre seront réveillés (Ézéch. 37 ; És. 38 : 18 ; Osée 13 : 14). Le mal commencera à être éradiqué et une vaste œuvre de réhabilitation s’adressera à la population du monde (És. 25 : 6-9). Tous seront amenés à une connaissance pleine et entière de la Vérité de Dieu (És. 11 : 9).

 

Les Épreuves de cet Âge.

Au fur et à mesure que le temps et les événements avanceront sous le Règne du grand Messie, avec toute l’assistance possible dispensée librement, le cœur de chaque individu sera, à coup sûr, soigneusement mis à l’épreuve. Lorsque tout ce travail sera accompli, les joies de la vie éternelle sur une terre parfaite (És. 35 : 10) seront accordées à ceux qui auront été trouvés en harmonie avec la justice et la Vérité. Ceux qui, délibérément et avec persistance, s’opposeront, négligeront et mépriseront le salut offert par les lois et les arrangements parfaits de Dieu seront retranchés entièrement et éternellement du pays des vivants. Mais, même pour eux, il n’y aura aucun enfer de tortures, aucune attente dans les limbes ; ce sera simplement l’oubli, l’extinction. Ainsi qu’il est écrit, “elles seront comme si elles n’avaient pas été” (Abdias 15, 16).

C’est ainsi que la terre sera purifiée de l’influence corruptrice de ces incorrigiblement dépravés qui, en dépit de toutes les occasions et de tous les encouragements à se détourner de leur méchanceté et à vivre (Ézéchiel. 18 : 32), choisiront de combattre contre les seules conditions données par Dieu, généreuses, justes, appropriées, par lesquelles l’humanité pourra jouir de la paix, de la prospérité et de la vie éternelle. “L’âme qui péchera, celle-là mourra” (Ézéchiel. 18 : 4). En ceci, comme en toutes choses, le décret de Dieu est immuable et irrévocable.

Mais qu’arrivera-t-il à ceux qui apprendront à aimer le Seigneur et à chercher la justice ? La puissance et la beauté d’expression dans des prophéties telles que celles d’És. 35 ; 65 : 17 et du Ps. 67 sont telles que le cœur croyant s’élève dans l’anticipation joyeuse et la louange à Dieu face à la perspective glorieuse. Là, dans des paroles d’une grâce éternelle, il nous est parlé des choses que nous n’aurions jamais pu connaître autrement : comment, au-delà des nuées d’orage de la détresse qui frappe le monde dans ce jour mauvais, viendra, à partir de la présence du Messie, l’accomplissement glorieux de toutes les promesses de Dieu pour l’éradication du mal et la bénédiction de toute l’humanité. En ce jour-là, Abraham reviendra et marchera de nouveau sur cette terre. Avec tout Israël, il verra que la grande Promesse Faite Sous Serment est tenue. Et eux et lui se réjouiront.

“Chantez à l’Éternel qui habite en Sion, annoncez parmi les peuples ses [hauts] faits” (Ps. 9 : 11). “Belle dans son élévation, la joie de toute la terre, est la montagne de Sion, … la ville du grand roi” (Ps. 48 : 2).