REGARDEZ ET VIVEZ !

Partie 6 de notre série sur Habakuk 2 : 2 : “Écris la vision et grave-la sur des tablettes, afin qu’on la lise couramment”. Cet article couvre la période du règne du péché et de la mort — 1ère et 2ème dispensations sur la carte ci-dessus — depuis la chute en Éden jusqu’à l’Âge millénaire. Souvent appelé “la permission du mal”,

l’espace de temps couvre toutes les générations de l’humanité et est un aspect capital du divin Plan — et il est fort mal compris. Dans cet article, nous nous concentrons sur une illustration graphique de la malédiction du péché et son remède.

 

“Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé,
afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle”.

 

JÉSUS PRONONCA CES PAROLES à Nicodème, un pharisien, “un chef des Juifs” , un “maître d’Israël”, et donc une personne bien au courant des Écritures. Le récit de l’élévation par Moïse du serpent d’airain [cui-vre] se trouve en Nomb. 21 : 4-9.

Lorsque, finalement, vers la fin de leur expérience de quarante années dans le désert arriva pour le peuple d’Israël selon la chair le moment de partir plus loin et d’entrer dans leur terre promise de Canaan à l’est du Jourdain, ils cherchèrent à y aller par la route la plus directe, à travers Édom. Mais les Édomites — descendants d’Ésaü — s’opposèrent à leur requête et les me-nacèrent de guerre s’ils tentaient de traverser Édom (Nomb. 20 : 14-21). Donc Israël partit “de la montagne de Hor, par le chemin de la [bras nord de la] mer Rouge [près du golfe d’Aqaba], pour faire le tour du pays d’Édom” (v. 4).

MURMURES ET MÉCONTENTEMENT

Mais cet itinéraire traversait un très grand désert, “et le cœur du peuple se découragea en chemin” — leurs privations, particulièrement leurs espoirs déçus d’un chemin plus aisé. Ici, à nouveau, un esprit de rébellion éclata et ils murmurèrent contre Moïse et contre Dieu, déclarant que leur condition d’esclavage en Égypte, aussi sévère qu’elle fut, était préférable à leur condition du moment. S’ils étaient demeurés fidèles à Dieu, et avaient cru en Sa sagesse, Son amour et Sa puissance, leurs difficultés auraient été allégées, leur amertume adoucie.

Il en est de même pour les membres d’Israël selon l’Esprit d’aujourd’hui qui n’exercent pas une foi convenable dans les promesses de Dieu. Pour ceux-là, les épreuves et déceptions du chemin que les disciples de Christ doivent fouler sont des plus décourageantes. Ici encore nous constatons la nécessité de la foi et de la dévotion appropriée. Avec ces qualités, nous pouvons supporter toutes choses, en acceptant joyeusement les adversités, comme l’explique l’Apôtre : “Ma joie surabonde au milieu de toute notre affliction” (2 Cor. 7 : 4).

L’espérance et le courage, inspirés par les promesses divines et fortifiés par les expériences du chemin, nous garderont joyeux alors que nous sommes encore dans le pays de l’ennemi (Rom. 5 : 3-5 ; 12 : 12 ; 2 Cor. 4 : 15-18).

L’INFIDÉLITÉ ET LES SERPENTS BRÛLANTS

Les Israélites murmuraient contre l’arrangement divin tout entier, se plaignant particulièrement parce qu’il n’y avait pas d’eau, et que la manne qu’ils ramassaient quotidiennement pour leur nourriture était trop misérable — pas assez substantielle pour eux ; ils désiraient ardemment les “pots de chair du pays d’Égypte” (v. 5 ; comparer avec Ex. 16 : 3).

De même, certains d’Israël selon l’Esprit, en ne saisissant pas convenablement les espérances et promesses chrétiennes, en ne vivant pas suffisamment par la foi en toute parole qui sort de la bouche de Dieu, se trouvent dans une condition de semi-famine parce qu’ils sont incapables de s’approprier une quantité suf-fisante de nourriture spirituelle, à cause d’un manque de foi et d’espérance spirituelles. Ils désirent ardemment les choses mondaines, ont grande envie de satisfaire l’appétit naturel et se sentent dans une mesure d’esclavage sous Moïse-antitype — Jésus, notre Guide, qui nous conduit à travers le désert-antitype vers notre repos promis (Héb. 3 : 7 — 4 : 11).

Comme châtiment pour la rébellion d’Israël, Dieu permit qu’une nuée de serpents brûlants fonde sur eux. Nous n’en connaissons pas l’espèce (v. 6), mais selon certains investigateurs ils sont censés avoir été appelés “serpents brûlants” en raison des stries rouges sur leurs têtes et à cause d’un scintillement de leur peau à la lumière du soleil. On trouve ces serpents dans ces régions désertiques et ils sont très féroces et venimeux. Leur morsure irrite donc le système nerveux au point de provoquer une sensation de brûlure dans tout le corps, aboutissant souvent à la mort en quelques heures. Le récit laisse supposer qu’en cette occasion ces serpents étaient là en quantités anormalement élevées, sans aucun doute comme un fléau pour les Israélites rebelles. Les angoisses du peuple étaient augmentées par les morsures venimeuses, provoquant de nombreuses morts au sein des familles israélites. Ils commencèrent à se rendre compte que le châtiment de Dieu s’abattait sur eux, et ils réclamèrent de l’aide à Moïse, en disant : “Nous avons péché, car nous avons parlé contre l’Éternel et contre toi : prie l’Éternel qu’il retire de dessus nous les serpents. Et Moïse pria pour le peuple” (v. 7).

LE SERPENT D’AIRAIN

Sur l’ordre de Dieu, Moïse éleva sur une perche un serpent d’airain (ou cuivre — vs. 8, 9), apparemment un objet assez grand pour que les Israélites puissent le voir de loin. De cette manière Dieu cherchait à enseigner à Israël une leçon de foi. Ils avaient péché, le châtiment pour leurs péchés se trouvait sur eux, mais Sa miséricorde s’étendait à ceux qui Le reconnaîtraient par la foi. Nous pouvons bien imaginer le manque de foi du peuple au début, et comme ils devaient dire : Quel bienfait peut venir en regardant un serpent d’airain sur une perche ? Comment lui était-il possible de sauver les mourants ? Pour certains, cela a pu sembler être un subterfuge, une tactique dilatoire de la part de Moïse. Pour qui Moïse nous prend-il ?

Cependant, nous pouvons imaginer la propagation du message parmi le peuple et les efforts et le zèle des gens pour s’aider les uns les autres à regarder — et vivre à mesure que circulèrent les nouvelles que ceux qui regardaient le serpent étaient guéris ! Nous pouvons imaginer des parents montrant le serpent à leurs enfants mourants, d’autres se débrouillant ou recevant de l’aide aux portes de leurs tentes ou à d’autres endroits propices d’où on pouvait voir le serpent. Nous pouvons imaginer l’agitation éprouvée à travers un si grand camp par cet arrangement. Sans aucun doute, l’épisode ranima la foi du peuple et lui enseigna une leçon d’obéissance.

Sans l’aide divine nous n’aurions pas pu découvrir la signification-antitype de cet épisode. Mais notre Seigneur Lui-même attire notre attention sur le fait que les Israélites mordus par ces serpents représentaient ou typifiaient des pécheurs mordus par le péché et souffrant de ses conséquences — la chute adamique. Il attire notre attention sur le fait qu’Il était Lui-même le grand antitype de ce serpent dans le désert — que, par Sa crucifi-xion, Lui qui ne connaissait pas le péché fut fait Offrande pour le péché pour nous qui étions des transgresseurs.

Par Sa référence à cet événement de l’histoire d’Israël, notre Seigneur démontre que Dieu n’avait fourni au peuple aucun autre moyen d’obtenir la vie éternelle que par l’acceptation de Christ crucifié. Il n’est pas suffisant pour nous de croire en Jésus comme en un grand instructeur, en le classant avec Platon, Zoroastre, Confucius, Gandhi ou d’autres. Instructeur Il l’était, mais Il était plus que cela. Notre Seigneur réalisa une rédemption du péché par Sa crucifixion. Sans cela, nous ne pouvons avoir de vie éternelle et de paix avec Dieu.

De plus, la leçon du type n’est pas uniquement qu’il était nécessaire que Christ meure pour nos péchés, mais aussi que personne ne pouvait être sauvé par Sa mort, hormis en Le regardant – c’est-à-dire en exerçant la foi dans le mérite de Son sacrifice en réconciliation. C’est en accord avec cela, qu’en Le regardant, nous vivons. Nous devons détourner notre regard de nos propres imperfections et faiblesses, et diriger les yeux de notre foi vers la perfection de la vie dans le Fils de Dieu qui S’est donné Lui-même comme prix de notre Rançon.

NOTRE SEIGNEUR “SÉPARÉ DES PÉCHEURS”

Il nous est dit que notre Seigneur était réellement “saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs” (Héb. 7 : 26). Ainsi donc, comme Saint de Dieu, Il prit la place du pécheur. En tant que Rançon, le prix correspondant, pour Adam et la race dans ses reins, Jésus goûta la mort pour chaque homme (Héb. 2 : 9) — payant la sanction du péché. Il fut fait Offrande pour le péché, bien qu’Il fut sans péché (2 Cor. 5 : 21). Il fut traité comme un pécheur afin que les véritables pécheurs puissent, par la foi, être reçus par le Père, et être traités comme des justes par le mérite du sacrifice de Christ. “Le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris” (És. 53 : 5). Apprenons bien la leçon, craignons la morsure du serpent du péché et de sa condamnation à mort, fuyons cela, recevons la guérison pleinement et volontiers et ayons “la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus-Christ” (Rom. 5 : 1).

PAS DE VIE SANS REGARDER

De même que les Israélites ne purent garder les commandements et persister dans les critiques de la Loi mosaïque, l’humanité en général ne peut pas non plus être justifiée par de bonnes œuvres (Rom. 3 : 20 ; Éph. 2 : 8-10 ; Gal. 2 : 16 ; Tite 3 : 5). Sans une foi justi-fiante, toute notre propre justice est aussi dépenaillée et vile qu’un vêtement souillé (És. 64 : 6).

La plupart des gens sont aveuglés quant à la nécessité du salut. Et bien que les leçons de l’histoire fournissent l’ample évidence de la détresse de l’homme et du règne du mal, leurs “yeux de l’entendement”, comme le déclare l’Apôtre, sont maintenant aveuglés, par Satan, le dieu de ce monde, et les nécessités de la vie (2 Cor. 4 : 4 ; Éph. 4 : 18). Un jour, il sera remédié à cette situation. De même que dans le type Israël apprit les conséquences de la désobéissance et la récompense de l’attention donnée aux instructions de Dieu, de même aussi les humains auront leurs yeux ouverts pour discerner les longueurs, les largeurs, les hauteurs et les profondeurs de l’amour divin et de la provision de grâce divine en Christ. La période actuelle est une partie du règne du péché et de la mort. Notre Seigneur nous informe que la puissance de Sa croix ne se limite pas à la vie présente. Il déclare : “Moi, je suis la résurrection et la vie” (Jean 11 : 25). Et aussi que “l’heure vient en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix ; et ils sortiront” (Jean 5 : 28, 29).

LE POUVOIR ATTRACTIF DE CHRIST

Dès que les Israélites commencèrent à prendre cons-cience de la puissance divine derrière le serpent d’airain (ou de cuivre), ils réagirent. De même, notre Seigneur nous informe que par suite de Son élévation sur la croix au Calvaire, Il exercera finalement un pouvoir attractif sur toute l’humanité. Cette puissance n’en attire qu’un nombre relativement petit maintenant, comme Il l’indique : “Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire” (Jean 6 : 44). Ainsi donc, ceux qui sont sur le principe de la foi sont comptés comme semence d’Abraham, “sont bénis avec le croyant Abraham” (Gal. 3 : 7-9), et sont attirés maintenant.

Mais la grande masse de l’humanité sera attirée plus tard par le Fils, ainsi que nous lisons : “Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même” (Jean 12 : 32). Nous voyons donc que l’attraction de tous les hommes est l’œuvre future de l’Âge millénaire et doit être accomplie par Christ et Son Église.