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LE MESSIE – SERVITEUR DE DIEU

La dernière partie du livre d’Ésaïe (chapitres 40 – 66) présente l’un des plus beaux et des plus sublimes groupes des prophéties des Écritures saintes. Elle s’ouvre avec un message de réconfort spécial pour Israël et “La voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin de l’Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu” (És. 40 : 3). Cette partie se termine (65 : 17 ; 66 : 15, 16, 22-24) avec un récit des “nouveaux cieux et de la nouvelle terre”, dans lesquels la justice subsistera, et la destruction des méchants dans la Seconde-Mort (symbolisée par le ver et le feu de la destruction), la destruction étant complète, inéluctable, un anéantissement éternel — “car leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas”.
Ce groupe de 27 chapitres peut logiquement se diviser en trois parties égales de neuf chapitres chacune. La première partie (És. chap. 40-48) traite largement de la délivrance d’Israël hors de Babylone ; et on parle ici de Cyrus comme “berger” de Dieu, Son “oint” – Son messie (le mot hébreu pour “oint” est mashiach) par lequel Israël devait être restauré.
Il est parlé du messie de Dieu, de Son oint, à propos d’autres dirigeants, par exemple, Saül (1 Sam. 12 : 3 ; 24 : 6, 10 ; 26 : 9, 11, 16) David (Ps. 89 : 20; 18 : 50) et Salomon (1 Rois 1 : 33-39), en dépit de leurs péchés et imperfections, chacun typifiant, sous certains aspects, le Grand Roi Messie, par lequel Dieu délivrera finalement Son peuple. De la même manière, Cyrus, messie de Dieu auquel Il donna “tous les royaumes de la terre” et à qui Il ordonna de construire pour Dieu une habitation à Jérusalem, et de délivrer les captifs (Qui d’entre vous, quel qu’il soit “est de son peuple” — Esdras 1 : 1-4), préfigure le grand Roi Messie de Dieu (És. 61 : 1-3), qu’ Il “a oint … pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers [les captifs de la mort] l’ouverture de la prison [l’état inconscient de la mort dans le shéol — Dan. 12 : 1, 2 ; Ps. 68 : 18] … pour mettre et donner à ceux de Sion qui mènent deuil l’ornement au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu, afin qu’ils soient appelés térébinthes de justice, le plant de l’Éternel pour qu’il soit glorifié.”
La première partie de neuf chapitres (40-48) dépeint le rétablissement d’Israël à la suite des 70 années de désolation du pays, dans une profusion de termes qui surpassent de loin la délivrance qui fut alors accomplie sous Cyrus. Par conséquent, cela se rapporte au grand rétablissement-
antitypique sous le Roi Messie de Dieu, lorsque “la gloire de l’Éternel sera révélée, et toute chair ensemble la verra” (40 : 5) ; et elle se termine (48 : 20-22) avec un récit de la bénédiction des serviteurs “rédimés” de l’Éternel (au milieu et après leurs souffrances) qui est mis en avant en contraste avec la condition des méchants, car “il n’y a pas de paix [pas de prospérité — ni d’espérance de vie éternelle] dit l’Éternel, pour les méchants”.
La seconde partie (chap. 49-57) en dit davantage à propos de la délivrance hors de Babylone, met en évidence le rejet du Messie, Ses souffrances, etc., et décrit le développement à la fois du bien et du mal, et se termine (57 : 18-21) avec des prédictions de “consolation” et de “paix, paix [davantage de prospérité]” à ceux qui sont “d’un esprit abattu et contrit” (v. 15), qui désirent être guéris des maladies de leur condition déchue, mais avec des prédictions d’agitation et de trouble pour les méchants qui sont “comme la mer agitée, qui ne peut se tenir tranquille et dont les eaux jettent dehors la vase et la boue”. Cette deuxième partie se termine par le même refrain que la première partie : “Il n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants”.
Cette troisième partie (chap. 58-66) porte à son comble la description, à la fois des justes et des méchants et leur récompense finale selon leurs œuvres, avec le Seigneur apparaissant pour la joie de Son peuple (66 : 5), la naissance du nouvel ordre (vs. 7-9), Jérusalem restaurée et bénie (vs. 10-14, 20), tous les Gentils bénis sous son ministère (vs. 12, 19; comp. chap. 60), toute chair se prosternant devant Dieu (v. 23), tous les méchants détruits (v. 24) et les nouveaux cieux et la nouvelle terre établis pour toujours (v. 22). Quel achèvement glorieux.

LA JUSTICE IMMUABLE DE DIEU

Et quel est le grand centre à partir duquel doivent venir toutes ces bénédictions ? Elles sont de Dieu qui ne peut violer ni transgresser Sa propre loi de justice (Ex. 34 : 7). Comment pourrait-Il être “un Dieu juste et sauveur” (És. 45 : 21) si, en pourvoyant au salut d’Adam et de sa race, Il avait ignoré les justes exigences de Sa propre loi qui, à cause de la désobéissance d’Adam, a prononcé sur celui-ci la sentence de mort, y compris évidemment, la race dans ses reins (Gen. 2 : 17 ; 3 : 3, 17-19) ?
Il y avait un seul chemin par lequel Dieu pouvait prendre des dispositions pour le salut d’Adam et de sa race, hors de la mort éternelle, sans violer Sa propre justice ; et c’était de fournir un substitut, une Rançon pour l’homme parfait Adam qui, par désobéissance, avait perdu par confiscation son droit à la vie. Par conséquent, parce que tous les membres de la race d’Adam vinrent sous sa condamnation et en héritèrent, “un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon [un prix pour couvrir, un prix correspondant]” (Ps. 49 : 7), car chacun d’entre eux a été lui-même condamné à mort ; aucun d’entre eux n’a eu une vie humaine parfaite à offrir pour le paiement de la sentence de mort au nom d’Adam et de sa race qui était en son pouvoir de procréation, qui était une part de lui-même, lorsqu’il pécha.
La justice exige justement “vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied” (Ex. 21 : 23, 24) — un équivalent exact. Par conséquent, si Adam (et la race qui était dans ses reins quand il pécha) devait être racheté, il était nécessaire qu’une vie humaine parfaite, équivalente à celle d’Adam avant qu’il péchât, soit fournie et sacrifiée comme substitut d’Adam — une Rançon, un prix correspondant ; car sans effusion de sang il n’y a pas de rémission de péché.
Ceci fut manifesté par Dieu n’acceptant pas les vêtements de feuilles de figuier de nos premiers parents. C’était leur action qui typifiait les efforts par lesquels certains ont cherché à se justifier devant Dieu, par les œuvres de leurs propres mains. D’autre part, Dieu a remplacé les vêtements de feuilles par la couverture typique de peaux d’animaux, montrant par avance la nécessité d’une effusion de sang (Gen. 3 : 7, 21). “Car la vie de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation [typiquement] pour vos âmes; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme” (Lév. 17 : 11). Ceci fut également montré dans les offrandes du Jour de Réconciliation pour Israël, une fois par an (Lév. 16; Ex. 30 : 10), et dans d’autres offrandes.

UNE RANÇON HUMAINE —
UN SACRIFICE EXIGÉ


Naturellement, un animal sacrifié ne pouvait pas réellement fournir une rançon ou prix correspondant pour un être humain ; le sang des taureaux et des boucs ne peut ôter le péché. Les sacrifices typiques mettaient simplement en évidence le grand sacrifice que Dieu fournirait en Son Messie, dont Dieu prophétisa par Moïse (Deut. 18 : 15-19), disant : “Je leur susciterai un prophète comme toi, du milieu de leurs frères, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. Et il arrivera que l’homme qui n’écoutera pas mes paroles, qu’il dira en mon nom, moi, je le lui redemanderai”.
Le grand sacrifice par le Messie de Sa vie humaine parfaite et la doctrine de base de la satisfaction de la justice de Dieu par une Rançon, ou prix correspondant ainsi pourvu au nom d’Adam et de sa race, associés aux glorieuses bénédictions à venir pour Israël et le monde des Gentils comme conséquence, contiennent le thème principal des Écritures Saintes qu’indiquent de nombreuses prophéties, types et événements historiques.
C’est à ce thème général que la grande prophétie d’Ésaïe dans les chapitres 40-66 se rapporte. Dans sa seconde partie, ou partie centrale (chap. 49-57), et dans le tréfonds du centre (52 : 13-53 : 12), se trouve la base du pardon de l’iniquité d’Israël (40 : 2) par leur Rédempteur, “le Saint d’Israël” (41 : 14). Ici est décrite la grande Offrande pour le péché pour la satisfaction de la justice de Dieu en faveur de l’homme, sur la base de laquelle “ceux que l’Éternel a délivrés retourneront et viendront à Sion avec des chants de triomphe; et une joie éternelle sera sur leur tête; ils obtiendront l’allégresse et la joie; le chagrin et le gémissement s’enfuiront” (És. 51 : 11).
En És. 52 : 13-53 : 12 nous trouvons le cœur et le centre de la merveilleuse prophétie messianique d’Ésaïe, la base de toutes les bénédictions que Dieu apportera à Israël en tant que semence d’Abraham, et à tous dans le Royaume millénaire (Gen. 22 : 18). Jéhovah dit à Jésus : “Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec” (Ps. 110 : 1, 4). Abraham paya la dîme à Melchisédec, qui typifie notre Seigneur — le Messie (Gen. 14 : 20).
Le nom Melchisédec signifie roi de justice. Plus tard il devint Roi de Salem (paix ; Gen. 14 : 18). Jésus en tant que Messie était capable de Se qualifier pour le ministère de “Prince de Paix” (És. 9 : 6, 7) et comme Roi de David, pour régner et prospérer en tant que Branche Juste de David, exécutant le jugement et la justice sur la terre (Jér. 23 : 5, 6), il était nécessaire qu’Il accomplisse d’abord la justice de la Loi. Il accomplit cela en pourvoyant à une vie humaine parfaite comme Rançon — un prix correspondant — pour la vie humaine parfaite qu’Adam, par désobéissance, perdit par confiscation pour lui-même et pour sa race. Il était également nécessaire qu’Il accomplisse la Loi mosaïque afin de libérer les Juifs de sa condamnation. Par conséquent, Il observa parfaitement ses exigences, sans pécher, et même en accomplissant sa malédiction en étant pendu au bois (Deut. 21 : 22, 23), de manière à mettre fin à la Loi pour la justice pour ceux qui, désormais, croyaient en Christ, et de supprimer sa malédiction sur Israël, dont tous les membres ont été condamnés sous la Loi, aussi bien qu’ils ont été condamnés en Adam, car aucun d’entre eux n’a été capable d’observer la Loi (Deut. 27 : 26 ; 28 : 15 ; Ps. 130 : 3 ; 143 : 2 ; Jér. 11 : 3 ; És. 53 : 11, 12). C’est cette grande vérité qui est spécialement mise en relief en És. 52 : 13-53 : 12, le cœur de la glorieuse prophétie messianique d’Ésaïe.

LE SERVITEUR DE JÉHOVAH IDENTIFIÉ

Nous lisons en És. 41 : 8 : “Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, semence d’Abraham mon ami”. De la même façon, nous lisons en 43 : 10 : “Vous êtes mes témoins, dit l’éternel, vous et mon serviteur que j’ai choisi”. Nous lisons en 44 : 1 : “Écoute, Jacob, mon serviteur, et toi, Israël, que j’ai choisi”. En conséquence, certains qui, lorsqu’au chapitre 52 : 13 Dieu parle de Son serviteur, Il doit faire référence non à un individu, mais à Israël en tant que peuple. Nous devrions nous rappeler, cependant, que ce qui est dit d’une nation se concentre souvent en un individu, tandis que, à côté de l’individu, la nation ou le peuple en général serait caractérisée tout à fait différemment, sauf peut-être en perspective ou par le nom seulement. En conséquence, en Ex. 4 : 22, 23 et Osée 11 : 1, Israël est appelé fils de Dieu, Son premier-né ; mais cette appellation honorable fut perdue temporairement à cause de la désobéissance par la nation en général (Ézéch. 14 : 16), quoique conservée en un ou plusieurs de ses individus (voir Ps. 89 : 19-37) ; cependant, elle sera finalement rétablie pour eux par leur Messie (Osée 1 : 10, 11). “Israël est mon fils” était un idéal qui ne fut pas gardé par Israël dans son ensemble, mais fut réalisé en la personne de l’Oint de Dieu, Son Messie comme “le Fils” (Ps. 2 : 2, 7, 12). Dieu éleva haut Son Fils, un individu, comme Son Serviteur. Ici encore Dieu dit : “j’ai haut élevé un élu d’entre le peuple” (Ps. 89 : 19).
És. 42 : 1-7 montre si clairement que le serviteur de Dieu se concentre dans un individu, qu’il est impossible d’appliquer logiquement cette description à Israël en tant que nation, ou même à un reste de la nation. Mais plutôt un unique Serviteur individuel de Dieu, qui est en dehors de la nation, est dépeint ici. Il domine de haut la nation, et en Lui se réalise ce qu’Israël comme nation a perdu. Il est l’Élu de Dieu, Celui qu’Il a choisi, dans lequel Il fait Ses délices, Celui qui “apportera le jugement aux Gentils”. Dieu L’appela “en justice” (Melchisédec — roi de justice) et Lui a donné “pour une alliance du peuple” — par conséquent, Il n’est pas le peuple, mais le trait d’union, le prix de la Rançon, sur la base duquel sera établie la Nouvelle Alliance éternelle entre Dieu et Israël (Jér. 50 : 4, 5 ; 31 : 31-34 ; 32 : 37-44 ; Ézéch. 16 : 53-63 ; 36 : 21-38).
En outre, cet individu, Roi et Messie, ce Serviteur de Dieu, doit être “une lumière des nations” (És. 42 : 6 ; comp. 49 : 6 ; 51 : 4), “pour ouvrir les yeux aveugles (És. 35 : 5 : 29 : 18), pour faire sortir de la prison le prisonnier [les captifs de la mort], et du cachot [l’état inconscient de la mort, 49 : 9 ; 61 : 1], ceux qui sont assis dans les ténèbres [la condition mourante]” (v. 7). Ainsi avons-nous en Ésaïe 42 : 1-7 une description du véritable Serviteur individuel de Dieu, en contraste avec la nation, dont l’échec et l’infidélité sont soulignés aux vs. 18-25. Les nations viendront à la lumière d’Israël, à mesure qu’elles accepteront la lumière confiée au Messie d’Israël, le Serviteur de Dieu (És. 60 : 1-3).
En És. 49 : 1-7 le Serviteur de Dieu est présenté, non comme la nation d’Israël, mais comme un individu, de même que dans le cas de Jacob appelé Israël (v. 3) — ce qui signifie “un prince de Dieu” (Gen. 32 : 28). Ce prince de Dieu témoigne que Dieu L’a formé dès les entrailles pour être Son serviteur (vs. 1, 5). Il est en vérité la semence de la femme qui doit briser la tête du serpent (Satan), Celui qui est né d’une vierge, dont le nom est Emmanuel “Dieu avec nous” ; Celui qui a eu une mère humaine, mais pas de père humain car Il était le Fils unique engendré de Dieu (Ps. 2 : 7 ; Gen. 3 : 15 ; Ps. 22 : 9, 10 ; És. 7 : 14).
Ce Serviteur de Dieu a entièrement droit au nom “Israël”, “un prince de Dieu”, parce que Lui seul accomplit la justice de la Loi, en l’observant parfaitement, sans péché ; car, n’étant pas engendré par un père humain, Il n’a pas reçu une vie sous la malédiction du péché, sous la sentence de mort. Il n’était pas un membre de la race déchue d’Adam qui ne pouvait offrir une rançon pour Son frère (Ps. 49 : 7). En observant parfaitement la Loi, Il prouva Son droit à la vie éternelle comme être humain parfait (Lév. 18 : 5). De plus, Il abandonna Sa nature humaine en sacrifice comme prix de Rançon, un prix correspondant pour Adam et la race qui était en réserve dans sa capacité procréatrice lorsqu’il pécha. Par conséquent, il perdit par confiscation la vie humaine parfaite pour lui-même et ses descendants. D’autre part, ce Serviteur sacrificatoire et fidèle, notre Seigneur Jésus, accomplit l’idéal — l’équivalent exact d’Adam et, par conséquent, Il est Celui qui est chargé de surveiller l’exécution de la mission à laquelle la nation avait été originellement appelée — celle de bénir toutes les familles de la terre (Gen. 22 : 17, 18). Il est le seul de tout Israël qui a totalement obéi à la voix de Dieu, et observé parfaitement Son alliance avec Dieu (Ex. 19 : 4-6) ; c’est pourquoi, pour Dieu, Il est de manière prééminente le “trésor particulier au-dessus de tous les peuples”, par lequel uniquement la nation d’Israël et tous les autres peuples peuvent obtenir le salut de la vie éternelle.

(à suivre)